M. le président, Monsieur le dir. gén., cher.e.s membres du Conseil d’administration de l’AEFE,
En tout premier lieu, je tiens à partager avec vous le bonheur d’être parmi vous aujourd’hui, en tant que membre élue représentant les Conseillères et les Conseillers des FE. C’est un réel honneur de m’exprimer devant vous, en mon nom mais également en celui de mon collègue François Ralle Andreoli. Soyez assuré.es de mon engagement à défendre les valeurs humanistes transmises à nos enfants par les professionnels des établissements du Réseau. Nos enfants sont les futurs citoyens conscients et déjà ambassadeurs de notre enseignement à la française et de la langue française à l’étranger.
Aussi, nous tenons à remercier le dir. gén., M. Olivier Brochet, pour son implication et sa dédication au service de l’Agence durant ces dernières années qui ont été marquées par la pandémie du Covid 19. Nous lui souhaitons une très belle expérience au Vietnam et il est certain que vous laissez, cher Olivier, l’héritage d’une écoute attentive et d’une communication productive avec tous les membres du Conseil d’Administration. Vai com Deus, cher Olivier, comme on le dit chez moi au Brésil.
Fin d’année scolaire pour le rythme Nord, alors que les établissements du rythme Sud arrivent en milieu d’année scolaire, notre propos aujourd’hui se veut l’écho des remontées qui nous ont été faites et des préoccupations de nos collègues élu.e.s Conseillères et Conseillers des FE, reflétant les grands enjeux du Réseau AEFE.
Ces deux derniers jours ont été marqués par les rencontres de la Commission Nationale des Bourses durant lesquelles le dir. gén. a annoncé que des arbitrages tardifs permettent de couvrir les besoins grâce à l’utilisation totale de la soulte et du dégel de la réserve budgétaire (un budget rectificatif passant de + 100,4 à 114,8 millions d’euros). De plus, la contribution progressive de solidarité est relevée de 2 à 7 points, soit 2,4 millions d’euros. Des annonces certes bienvenues mais qui demeurent insuffisantes face à la demande de couverture des besoins en CCB2 du fait des très nombreux ajournements qui ont été faits en CCB1. Ces préoccupations furent l’objet, nous le rappelons, d’une alerte lors de la proposition de Loi de Finances l’an dernier et demeurent bien présentes dans nos Conseils consulaires en formation “éducation” tenus de manière atypique et dans une ambiance souvent tendue, sans enveloppe limitative traditionnellement établie après le dialogue de gestion. Des préoccupations qui s’inscrivent dans un contexte d’un Réseau AEFE qui ne cesse de croître, sans prendre en compte des effets de l’inflation mondiale, le retrait de fait de l’accompagnement de l’État et des augmentations continues des frais de scolarité qui en découlent, la forte hausse de la CPS, des taux de change défavorables, une baisse significative de l’aide aux familles déjà victimes de l’inflation et des retombées économiques de la crise sanitaire pour un grand nombre d’entre elles. Face à ces besoins, il est urgent de donner une réponse afin de protéger les familles boursières, et notamment celles des classes moyennes, celles qui n’ont pas de revenus suffisants pour supporter un “reste à charge” alourdi, qui risquent, à court terme d’être obligées de déscolariser leurs enfants du système d’enseignement français.
Quant à la question des AESH, nous remercions les efforts du Groupe de Travail qui a pris le temps de se réunir et de débattre, mais malheureusement, sans pouvoir porter de solutions concrètes répondant aux réels problèmes des familles. Aujourd’hui, ces familles font face non seulement aux délais insupportables de retour de la notification de la part des MDPH mais aussi, ne l’oublions pas, de celle de l’octroi de la bourse par l’AEFE. Il est nécessaire pour elles d’avancer les salaires de ces professionnels de l’éducation spécialisée et se heurtent à une scolarisation fragile, voire parfois même, à un licenciement contraint de ces AESH et à une déscolarisation de leurs enfants.
Cap 2030 ou l’objectif de doubler les effectifs, mais à quel prix? Quelle est la pertinence de vouloir s’agrandir alors que la santé financière et morale des opérateurs aujourd’hui soutenus par l’AEFE, comme la Mission Laïque Française pour n’en citer qu’un, se fragilise d’année en année? Rappelons qu’en Espagne, une mobilisation unanime contre deux déconventionnements et contre l’accord Cadre institué entre la MLF et l’AEFE fait l’unanimité de tous les élu.e.s et de tous les acteurs-clés concernés, dont les associations des parents et du personnel. Ces mêmes acteurs attendent par ailleurs une réponse de la tutelle de l’AEFE leur expliquant pourquoi, dans un contexte de croissance, le choix du Liban a été fait face à l’Espagne, comme le prévoyait l’accord Cadre, sans concertation aucune avec eux.
Enfin, les travaux des Grandes Consultations l’ont montré : l’attractivité du Réseau doit être repensée dans son ensemble et être prioritaire sur l’objectif Cap 2030. Les établissements français à l’étranger doivent être, et rester !, un modèle d’un savoir-enseigner à la française et en français.
Je vous remercie de votre attention.
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